Casanova Giacomo Girolamo – Histoire de J. Casanova de Seingalt vénitien (vol. 5) écrite par lui-même à Dux en Bohème

Casanova Giacomo Girolamo – Histoire de J. Casanova de Seingalt vénitien (vol. 5) écrite par lui-même à Dux en Bohème : Dans ce cinquième volume, Casanova nous narre ses aventures et pérégrinations à Paris où il arrive en 1757, après s’être échappé de sa prison vénitienne. Il est muni des recommandations de l’abbé de Bernis mais doit faire sa place dans la société. Tout en faisant de nouvelles connaissances, nous écrit-il, il ne manque jamais à sa réputation de séducteur libertin incorrigible. Il échappe souvent au mariage de justesse et doit fréquemment s’arracher aux sentiments des jeunes demoiselles qu’il côtoie. Il fait fortune en organisant une rentable loterie royale destinée à financer l’École militaire. Il exploite aussi la crédulité de la marquise d’Urfé – veuve et riche – prête à tout pour communiquer avec les esprits étant une fervente adepte de l’alchimie et des sciences occultes. Casanova lui laisse croire qu’il est parfaitement initié à ces mystères et bénéficie de la haute protection de la marquise.

À la demande du duc de Choiseul, agent secret, il effectue une mission d’enquête clandestine menée auprès des marchands d’Amsterdam dont le succès lui assure de confortables rentes. À son retour, il profite d’une vie de riche bourgeois dans sa villa, la Petite Pologne. Il aide une jeune demoiselle en fâcheuse posture à éliminer le fruit de ses amours illicites et lui évite un mariage forcé en la cachant dans un couvent à l’insu de sa famille. Il investit dans une manufacture de soie peinte. La faillite de cette entreprise lui vaut d’être enfermé à Fort-l’Évêque, d’où il ne sort que grâce à l’intervention de la marquise d’Urfé. Il décide alors de faire un second voyage en Hollande pour se remettre en fonds, et de revenir à Paris placer le capital amassé et prendre finalement pour épouse la jeune Manon Balletti, rencontrée platoniquement lors de son premier séjour à Paris en juin 1750.

Comme pour les tomes précédents, la question se pose : nous fallait-il publier ce qui est parfois révoltant et difficile à lire? Oui, car c’est une œuvre majeure de la littérature. Comme l’écrit Blaise Cendrars ces mémoires sont une «véritable encyclopédie du 18e siècle» car sans regrets, ni conscience, ce récit relate la vie de Casanova « telle qu’elle fut » considère Stefan Zweig. Ce n’est pas en taisant les aspects sombres du patriarcat qu’il disparaîtra. Il vaut mieux mettre à disposition la culture afin que toutes et tous en aient une connaissance informée. L’apologie, pas plus que la censure, ne sont notre propos.

L’illustration de première page (maquette Laura B.-W.), reproduit Notre-Dame et l’Évêché en 1750 (composition rétrospective), dessinée par Fédor Hoffbauer à la fin du 19e siècle.

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